mercredi 9 mars 2016

Nous devons accueillir plus de réfugiés


Nous avons déjà vu, et parlé de cette question notamment en expliquant que ce sont les politiques impérialistes agressives des pays occidentaux qui ont conduit en grande partie à provoquer ce flux de réfugiés fuyant nos bombes ( voir : l'UE est responsable des morts en Méditerrannée ). Cependant à mon sens il est primordial d'y revenir tant la question prend de l'importance jour en jour et ne cesse d'alimenter les débats. Les partis d'extrême-droite, bien que basant tous leur propos nauséabonds sur une prétendue "invasion" de l'Europe par les migrants, sont en réalité les premiers heureux et satisfaits d'une telle situation, sinon ils n'auraient rien à dire puisque leur programme est basé sur un rejet de l'immigration.

D'abord il nous faut expliquer, même si cela a déjà été fait, que la grande majorité de ces migrants ne viennent pas en Europe pour leur plaisir personnel, parce qu'ils ont souhaité changer de pays. Il est d'ailleurs étrange de signaler que, lorsque une personne venant d'autres pays que les grandes puissances occidentales émigre : les médias parleront de réfugiés, si c'est l'inverse ils parleront d'expatriés.

Parce que ce sont nos gouvernements qui sont responsables de la destruction de pays tels que la Syrie où la Libye, nous avons un devoir d'aide envers ces réfugiés. Comment pouvons-nous à la fois bombarder des pays, détruire des infrastructures, tuer des civils et dans le même temps prétendre être une terre de droits de l'homme ? Parallèlement nous refusons d'accueillir des réfugiés que nous avons nous même crées, au sens où la quasi-majorité des migrants n'auraient jamais quitté leur pays.
Quel degré de mépris est supérieur à celui la ? Lorsque l'Europe laisse mourir en mer des centaines voir des milliers de personnes souhaitant trouver une paix qui n'est pas prêt de revenir chez eux.

Et même lorsque nos gouvernements se décident a accueillir des immigrés, ils sont entassés dans des camps où les conditions de vie et d'hygiène frôlent la catastrophe, comme dans ce que l'on surnomme la "jungle" de Calais. Alors même que les pays occidentaux sont les pays les plus puissants du monde, qu'ils dépensent des milliards d'euros dans des guerres impérialistes ne peuvent-ils réellement pas accueillir ces personnes ?
Surtout lorsque l'on voit que des pays tels que le Liban où la Jordanie n'hésitent pas à accueillir des centaines de milliers de réfugiés, dans des camps de réfugiés dont les conditions de vies ne sont pas moins bonnes qu'en France, elles sont peut-être même meilleures, nos gouvernements ne devraient plus pouvoir invoquer le prétexte de manque de moyens.

Il y a toute fois des gouvernements européens qui refusent de renoncer à toute humanité. Ainsi, en dépit des critiques que nous pouvons adresser envers le gouvernement d'Alexis Tsipras, notamment sur les questions de la soumission à Bruxelles et du renoncement à son programme de gauche, il est clairement établi que la Grèce produit des efforts considérables pour tenter d'offrir aux réfugiés de bonnes conditions d'accueil. La situation est pourtant bien plus complexe que celle de la France, eux peuvent réellement évoquer leur difficultés économiques. D'autant plus qu'en raison de sa position géographique la Grèce est bien souvent l'un des premier pays où les immigrés viennent trouver refuge.

Le Portugal, qui depuis quelques mois affiche un gouvernement de gauche opposé à l'austérité ( voir : le réveil de la gauche portugaise ), tente lui aussi de trouver des solutions pour les réfugiés. Le gouvernement socialiste a ainsi annoncé vouloir augmenter son nombre de réfugiés qu'il souhaitait accueillir, alors que les autres pays européens, notamment en Europe centrale tente de le réduire.
Certes, cela correspond aussi à un désir de repeupler les campagnes portugaises, mais la dimension humaniste est sans conteste présente elle aussi.

Quoiqu'il en soit ces deux exemples suffisent à démontrer que nous avons les capacités d'accueillir ces personnes qui ne cherchent que la paix. D'ailleurs pour la majorité d'entre eux leur souhait premier est de retourner dans leur patrie, une fois que les guerres, que nous avons contribué à déclencher, seront terminées
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mercredi 24 février 2016

Le réveil de la gauche portugaise



Sans avoir réellement fait de bruit en Europe, le Portugal est depuis quelques mois dirigé par un gouvernement socialiste appuyé par le Parti communiste portugais (PCP) et le Bloc de gauche. Antonio Costa, le premier ministre, avait ainsi pu constituer un gouvernement de gauche après les élections législatives du mois d'octobre dernier, et ce malgré la victoire de la droite ( sans une majorité suffisante ). Assuré du soutien du PCP et du Bloc de gauche afin de former un gouvernement, le PS portugais a ainsi pu accéder au pouvoir.

Dès lors, sans mettre en place un gouvernement et des mesures révolutionnaires, le gouvernement tente tant bien que mal d'améliorer le quotidien du peuple portugais, miné par des années d'austérités.
Pour preuve l'opposition de la commission européenne à la mise en place de certaines mesures du gouvernement, qui n'a pour l'heure toujours pas céder. D'ailleurs, Bruxelles s'est finalement résolu à accepter le budget que souhaite adopter le gouvernement socialiste.

Dès le mois de janvier le nouveau gouvernement a souhaité montrer sa bonne volonté en augmentant le salaire minimum de 25 euros. Par ailleurs, il est prévu qu'il augmentera chaque année jusqu'en 2019 ; ceci étant réalisé dans le but d'aider les plus défavorisés.
Plus globalement l'effort du gouvernement socialiste semble se porter sur l'ensemble de ceux qui ont été volontairement touché par les précédents gouvernements, puisque les retraites et les allocations familiales devraient aussi être augmenté.

Les fonctionnaires, fortement affectés par les mesures précédentes retrouvent eux aussi leur dignité. Depuis janvier, les coupes dans leur salaire ont été diminué et fin janvier le Parlement a voté une loi impliquant le rétablissement des 35 heures, alors que depuis 2013 la durée légale du travail hebdomadaire était passé à 40 heures.
Quatre jours fériés ont par ailleurs été rétablis, tout ces rétablissements nous montrent à merveille comment l'austérité imposée par Bruxelles a conduit le pays à l'appauvrissement, à la servitude, au chômage et à la misère sociale.

Si nous nous éloignons de l'aspect purement économique des choses, le nouveau gouvernement réalise, ou tente de réaliser des mesures progressistes. Ainsi, le Parlement a voté une loi autorisant l'adoption aux couples homosexuels, une réelle avancée sociale a l'heure où d'autres pays européens sombrent dans les politiques réactionnaires et ultraconservatrices.

Enfin, le Portugal a fait part de sa volonté d'accueillir plus de réfugiés, alors que la plupart des dirigeants européens refusent de voir de nouveaux migrants arriver dans leur pays. Certes, cette décision correspond également à un besoin de peupler le pays, le nombre de personnes qui ont quitté le Portugal a sensiblement augmenté ces derniers temps, notamment dans les campagnes. Mais c'est aussi et surtout une réponse humaniste à la situation que traverse l'Europe. Le gouvernement portugais a ainsi déclaré être prêt à soulager une partie des pays de l'Europe du Nord, il a également stipulé qu'il souhaitait accueillir des étudiants ainsi que des personnes ayant de l'expériences dans les métiers de la forêt et de l'agriculture.

L'exemple portugais démontre qu'une politique de gauche est applicable par une coalition de gauche, et que, par conséquent, tous les partis socialistes européens n'ont semblent-ils pas renoncer à défendre les intérêts des travailleurs, même si l'ambition, en terme de lois et de réformes, du gouvernement n'est pas aussi forte que celle qu'aurait eu nos camarades communistes du PCP où du Bloc de gauche. Le Portugal vient de montrer à toute l'Europe que même un petit pays- si l'on compare à des puissances comme l'Allemagne- peut tenir tête à Bruxelles et mettre en oeuvre le programme pour lequel son gouvernement a été élu.


dimanche 14 février 2016

Mauricio Macri le cauchemar des argentins

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Le 22 novembre 2015 le néo-conservateur et ultralibéral Mauricio Macri était élu à la tête de l'Argentine ( voir : l'Argentine vire à droite ). Après plusieurs années de "kirchnérisme" et de progrès social, le peuple argentin semblait avoir fait un choix, sans doute influencé par la propagande impérial. Plusieurs mois après cette élection, la réalité a très rapidement rattrapé ceux qui se faisaient des illusions sur ce que serait la présidence de Mauricio Macri.

Alors que les précédents gouvernements argentins se concentraient sur la lutte contre la pauvreté, et avaient entamé un bras de fer contre les "fonds vautours", le nouveau président se targue d'être un bon élève de Washington et de la finance mondiale. Non content d'avoir ramené l'Argentine dans les griffes du FMI, le gouvernement argentin n'en finit plus de tout mettre en oeuvre pour briser les acquis sociaux qu'a obtenu le peuple argentin. Entre les baisses d'impôts pour les multinationales agro-alimentaires, l'augmentation du prix du gaz et de l'électricité, la dévaluation du peso argentin où encore les mesures de privatisations ; rien n'échappe à la marionnette américaine.

Les mobilisations des travailleurs argentins ne cessent de se multiplier, et les indécis du peuple argentin qui avaient donné leur voix à Macri lors des élections doivent sans doute regretter leur choix à l'heure actuelle. Le gouvernement entend aussi revenir sur le droit à l'éducation pour tous, en diminuant le budget alloué au ministère de l'Education. Tous les efforts des Kirchner sont en train d'être réduits à néant, pour le plus grand bonheur de la classe dirigeante.

L'Argentine n'hésite même plus à violer des accords internationaux signés avec les pays progressistes, au dépend des populations les plus pauvres et les plus isolés du pays. Ainsi, le nouveau ministre de la santé argentin a décrété que les 380 médecins argentins, formés à Cuba, et exerçant dans les zones reculées de l'Argentine ne pourront désormais plus exercer.
Cette surprenante décision traduit en réalité ce qu'entend mettre en place le nouveau gouvernement, au niveau international.

En bon élève de l'impérialisme américain, Mauricio Macri ne semble pas supporterr les tentatives d'unité régionale autour de l'UNASUR, du MERCOSUR, de la CELAC, où encore de l'ALBA, et fera tout pour les briser.
Enfin, comme tout bon gouvernement libéral au service des multinationales, le gouvernement ne déroge pas à la règle de la criminalisation de l'action syndicale et salariale. A un point tel qu'en quelques mois, Amnesty International dénonce déjà plusieurs cas de violences policières à l'encontre de manifestants, dont des matraquages d'enfants.

Sans doute le cas argentin montrera-t-il l'exemple aux peuples latinos-américains, où tout du moins à ceux qui voudraient renoncer à leur avantages sociaux acquis grâce au courage des gouvernement progressistes de la région. A l'image de la République bolivarienne du Venezuela, où la droite est désormais majoritaire à l'Assemblée, ces exemples nous montrent que la lutte n'est jamais terminée. Les années de Mauricio Macri seront à n'en pas douter, celles du chômage, de la misère sociale et de la soumission au FMI. Ce seront aussi des années de résistance populaire et de lutte des classes qui apparaissent plus que jamais d'actualités.

mardi 9 février 2016

Pourquoi Assange doit être libre ?



Aux yeux des dirigeants américains et des gouvernements fidèles à Washington, il est l'auteur d'un crime à grande échelle, qualifié de traître, renié par l'Australie, sa propre patrie, et réellement en danger après que les Etats-Unis aient décidé de placer cette affaire sous le signe de la "sécurité nationale", Julian Assange est pourtant l'homme qui nous a permit de savoir les crimes commis par l'administration américaine en Irak, en Afghanistan où encore en Syrie.

Par l'intermédiaire de Wikileaks il a montré au monde entier ce que, en réalité, nous savions déjà, mais avec des preuves claires et indéniables. Le viol de la souveraineté de plusieurs pays, les projets de destitutions de gouvernements, les détentions arbitraires et illégales, les actes de tortures et les crimes : tout y est dénoncé. Au contraire de ceux qui le calomnient et le condamnent, Julian Assange est un des véritables défenseurs de la démocratie et du droit à l'information.
Ce droit à l'information si cher aux dirigeants occidentaux, qui ne cessent d'insulter des dizaines de gouvernements de par le monde, mais qui en réalité ne veulent pas admettre que la grande majorité de nos grands médias sont propriétés des banques et des financiers.

Pourtant, si les laquais habituels des américains ont renié Assange, lui refusant l'asile politique dont il a besoin, d'autres pays, courageux, n'ont pas hésité à le soutenir. Bien souvent ce sont étrangement ceux que l'administration américaine n'apprécie pas du fait de politiques au service, non pas du capitalisme, mais des peuples. Les nations de l'Amérique du Sud, libérées de l'impérialisme se sont ainsi déclarées en faveur de Julian Assange ( voir : l'UNASUR apporte son soutien à Assange ).C'est le cas de la République d'Equateur, dont le président socialiste Rafael Correa a tenu dès le début à apporter le soutien de son pays à la cause d'Assange.
Menacé d'arrestation imminente ce dernier a ainsi pu trouver refuge, depuis 2012, à l'ambassade d'Equateur à Londres.

Néanmoins, Julian Assange est depuis plus de quatre ans bloqué à Londres, puisque s'il venait à sortir de l'ambassade équatorienne il risquerait d'être arrêté, officiellement pour une histoire de viol en Suède. Or il apparaît que cette accusation a été monté de toute pièce simplement pour permettre l'extradition de Assange vers les Etats-Unis et vers un procès qui aurait été perdu d'avance. Pour preuve de cette mascarade, les procureurs suédois n'ont pas souhaité donner suite à cette affaire.

Récemment, un groupe de travail de l'ONU a déclaré que la réclusion forcée de Julian Assange est illégale. Il demande à la Suède et à l'Angleterre de garantir la liberté de Assange et de lui fournir une compensation pour ces années de confinement. A noter que ce groupe de travail avait été soutenu ouvertement par la Grande-Bretagne lors de précédente affaires, comme quand les membres de l'ONU prenaient part à la lutte pour la démocratie en Birmanie en soutenant l'opposante Aung San Suu Kyi.

Impossible donc qu'ils qualifient cette démarche d'illégitime, mais il faut néanmoins rester prudent.
Pour le moment cette déclaration ne constitue pas un acte juridique formel, et un pays capable de déclencher des guerres à travers le monde entier ne verra sans doute aucun problème à passer outre ce compte-rendu pour arrêter et juger Assange.
Nous devons a Assange ce que nos principaux médias nous refusent : le droit à l'information. François Hollande aurait pu apparaître grand et indépendant en accordant l'asile politique à Assange comme celui-ci lui le souhaitait, mais il semble que notre président préfère répondre à d'autres demandes provenant d'autres personnes.

mercredi 3 février 2016

La surprise Bernie Sanders



La course à la maison blanche est lancée aux Etats-Unis, comme d'ordinaires les deux grands partis le Parti démocrate et le Parti républicain vont s'affronter pour savoir lequel fournira le où la futur(e) président(e). En réalité que ce soit l'un où l'autre des candidats, les deux partis sont idéologiquement très proche. Au cours de leur histoire récente, jamais les Etats-Unis n'ont cesser les interventions militaires où n'ont accorder de réels droits aux travailleurs. 
Pourtant, cette année, une personnalité pourrait bouleverser l'ordre établi. 

Perçu comme une simple attraction au début de la campagne, par les principaux médias, Bernie Sanders est aujourd'hui en passe de pouvoir prétendre devenir le candidat du Parti démocrate- dont il n'est pas membre- aux élections présidentielles américaines. 
Alors que sa principale concurrente au sein des démocrates, Hillary Clinton bénéficiait d'une large avance en terme de points, les premiers caucus de l'Etat d'Iowa ont révélé une quasi-égalité entre les deux candidats. Avec 49,8% des suffrages exprimés Hillary Clinton dispose ainsi d'une courte avance sur Bernie Sanders qui recueille 49,6% des votes. 

Selon les derniers sondages, il est le candidat favori des jeunes démocrates, et lorsqu'on regarde de plus près son programme, on comprend aisément pourquoi. Gratuité de l'université, couverture médicale universelle, revalorisation du salaire minimum, soutien à l'avortement et au mariage homosexuel, mais surtout opposition à l'omniprésence des banques et à la place prépondérante de Wall Street : le discours de Bernie Sanders tranche avec tout ce que les Etats-Unis ont connu jusqu'à présent. 
Il est ainsi le seul sénateur à se dire ouvertement socialiste ; un mot qui est encore assimilé au mal absolu dans le pays le plus libéral au monde. 

Toutefois l'appui populaire sera nécessaire, et cela Bernie Sanders le sait plus que quiconque, afin de concrétiser les changements en profondeur dont les Etats-Unis ont besoin. 
De ses propres voeux, il appelle à une révolution politique qui apparaît plus que jamais nécessaire. Un homme seul, même président, ne peut changer les choses s'il n'a pas le soutien de millions de citoyens. La place de l'argent, des lobbyes, des banques est tellement importante que seul un mouvement populaire d'ampleur, conscient politiquement et désireux de changer la société pourra faire pression sur les financiers. 

Pour l'heure, l'important pour Bernie Sanders et ses soutiens sera d'essayer de récolter assez de fonds, afin d'avoir l'assurance de pouvoir mener des campagnes électorales similaires dans tous les états. Un pari risqué quant on sait qu'il ne bénéficie pas du soutien des grandes entreprises américaines, à l'inverse de ses concurrents démocrates où républicains. 

L'émergence de Bernie Sanders, tend à rappeler celle de Jeremy Corbyn au Royaume-Uni ( voir : L'espoir en provenance d'Angleterre ) qui est désormais à la tête du Labour Party ( Parti travailliste ) alors qu'une telle chose paraissait impossible il y a encore quelques mois. 
Les idées novatrices de Bernie Sanders tranche avec celles de ses opposants républicains. Donald Trump et Ted Cruz se sont ainsi lancés dans un concours des propositions plus conservatrices et réactionnaires les unes que les autres. Entre opposition à l'avortement, rejet du mariage pour tous, stigmatisation de l'immigration, le milliardaire et le pasteur regorgent d'idée pour tenter de perpétuer un système qui arrive à bout de souffle. 

C'est précisément pour cette raison qu'une personne comme Bernie Sanders, avec un discours radical et des propositions franches, peut désormais émerger et affirmer ses propositions. 
Le peuple américain n'a pas besoin que son armée aille faire la guerre aux quatre coins du monde pour défendre les intérêts économiques de quelques privilégiés. Tout l'argent consacré aux dépenses militaires- ce qui représente des centaines de milliards de dollars- serait sans doute beaucoup plus utile au financement de l'éducation, d'une sécurité sociale, où d'une revalorisation salariale. 
Les travailleurs américains subissent l'exploitation patronale, les licenciements et le chômage, comme dans tout pays capitaliste. Ce ne sont ni la suppression de l'avortement, ni le maintien du droit de port d'arme qui permettront d'améliorer la situation économique et social du pays. 
En réalité, parler de questions sociétales, d'armes, de rêve américain, permet bien souvent aux différents candidats d'esquiver les question économiques et les revendications salariales. 

mardi 2 février 2016

La déchéance de nationalité contre le terrorisme ?




Le gouvernement français persiste dans sa volonté de maintenir l'Etat d'urgence, alors qu'il n'est plus nécessaire. Pour preuve la spectaculaire chute du nombre de perquisitions dans le cadre de cet Etat d'urgence, alors qu'elles avaient été relativement élevées lors des premiers jours.
Selon toute vraisemblance, le Parlement devrait voter la mise en place de l'Etat d'urgence dans notre Constitution et avec lui entériner la déchéance de nationalité.

Outre l'extrême gravité que cela implique, en particulier au niveau de nos libertés, en total contradiction avec ce que nous avons nommé "l'esprit charlie", il serait important de revenir sur ce que va impliquer la déchéance de nationalité et voir plus en détails qu'elles seront les conséquences d'une telle décision.

D'abord, selon les propres termes du premier ministre, cette déchéance de nationalité ne devrait s'appliquer qu'aux binationaux. Rien que cette information doit alerter chacune et chacun d'entre nous. En impliquant que ceux qui auraient une double nationalité, cette mesure tant a démontrer qu'il y aurait deux peuples français : ceux ayant des origines, et étant aussi citoyens d'un autre pays, et ceux purement français. Ceci s'imbriquant parfaitement dans les théories nauséabondes de l'extrême-droite qui depuis des années veut nous faire croire qu'il y aurait des français différents.

La déchéance de nationalité remet donc en cause la vision qui existe depuis la Révolution française à savoir qu'il n'y a qu'un peuple français. La République est une et indivisible, cela signifie qu'en dépit des origines que peut avoir telle ou telle personne, ses croyances, ses convictions : cette personne est française, au même titre qu'une autre. Ainsi, une personne ayant la double nationalité franco-marocaine, de confession musulmane a selon nos principes les mêmes droits, et devoirs qu'une personne issue d'une famille traditionnel française. C'est cette vision de notre République que la déchéance de nationalité veut remettre en question.

Certes, cette déchéance ne s'appliquera qu'aux personnes identifiées comme terroristes. Or si la déchéance de nationalité ne s'applique qu'à ces personnes, indirectement cela signifie que le gouvernement ne considère que potentiellement terroriste seulement ceux ayant la double nationalité. Une vision encore une fois erronée de la chose lorsqu'on sait que les actes terroristes perpétués en France l'était en majorité par des français sans double nationalité.

Et puis il y a l'argument tellement évident qu'il est impossible de ne pas l'évoquer. Croyez-vous sincèrement qu'une personne n'étant pas effrayer à l'idée de tuer des hommes, des femmes, des enfants, se sentant prêt à se faire exploser au milieu de nul part, et n'ayant aucun scrupule à commettre des massacres renoncera à la simple idée de se voir retirer sa nationalité française ?

Le gouvernement est en train de réaliser ce que souhaite le Front national, et ce que même  la droite n'avait pas osé mettre en place une telle mesure.
Les députés et sénateurs communistes et du Front de gauche ont d'ores et déjà annoncé qu'ils se prononceraient contre ce projet, tandis que en dehors des sphères parlementaires, les mobilisations citoyennes et populaires devront s'intensifier pour tenter de faire reculer le gouvernement.

vendredi 29 janvier 2016

Visite de Raul Castro : attention à la désinformation



Le 1er février 2016, le président de la République de Cuba, Raul Castro, se rendra à Paris afin d'y rencontrer François Hollande. Après la visite qu'avait effectué le président français à Cuba ( voir : François Hollande en visite à Cuba ) au mois de mai 2015, cette nouvelle rencontre marque la volonté de la France, mais plus généralement des pays européens de renouer et d'améliorer les relations entre les deux pays. Ceci intervenant parce que les Etats-Unis, sous la présidence d'Obama, ont eux aussi décider de rétablir les relations avec Cuba.

Pourtant, malgré les accords qui seront sans doute signés, et les beaux discours des dirigeants européens, il n'en demeure pas moins que Cuba continue d'être stigmatisé, décrié par la quasi majorité de nos médias. Certes beaucoup moins qu'avant, parce que les mensonges répétés à l'encontre d'un pays et d'un peuple ne peuvent être permanents. Il n'en demeure pas moins que la propagande continue, tout est bon pour critiquer le système cubain et ses dirigeants.

De nombreux articles ont déjà été rédigés sur ce sujet, y compris sur ce blog, mais il me semble important d'y revenir, tout simplement parce qu'il n'y a peu de pays qui ont connu un tel déchaînement médiatique contre eux. Il est évident que la proximité géographique avec les Etats-Unis, et le contexte de l'époque, en pleine guerre froide, ont contribué à une telle propagande médiatique. C'est simple : la moindre petite chose qui ne convient pas à nos médias est grossie afin de critiquer tout le système cubain.

Les principales critiques nous les connaissons et les médias nous le rappellent sans cesse : selon eux ce serait l'absence de démocratie, la pauvreté, où encore le non respect des droits de l'homme. Ces mêmes médias qui ne voient aucune objection en revanche à ce que la France soit l'un des meilleur allié des monarchies pétrolières, qui pratiquent la décapitation, et où les femmes n'ont même pas le droit de conduire.
Dès qu'il s'agit de Cuba, les médias ne se contrôlent plus et inventent tout et n'importe quoi afin de satisfaire la propagande des exilés cubains, ceux qui ont perdu leur privilèges après le triomphe de la Révolution.

En ce qui concerne les critiques, certaines sont vraies, comme dans chaque pays il y a des problèmes, et Cuba n'est pas parfait. Toutefois, le système cubain est beaucoup plus démocratique qu'une grande partie de nos alliés dans certaines régions du monde. Les médias oublieront aussi de mentionner comment se déroulent les élections à Cuba ; il n'y a pas de campagne électorale basée sur l'argent, comme dans les démocraties occidentales, où celui qui a le plus d'argent et de fait nettement avantagé. Non : à Cuba chaque candidat, issu du peuple, le Parti communiste cubain (PCC) n'a pas le droit de présenter des candidats, a la même chance de gagner qu'un autre. Mais il n'y a pas que cela, tous les candidats sont obligés de faire régulièrement des comptes rendus de leur action dans les Assemblées ( municipales, provinciales, où nationale ). Les habitants peuvent ainsi juger de la bienfaisance où non de leurs élus et agir en conséquence.

Aucun reportage non plus sur les chiffres et les informations plus que positives que donnent l'UNESCO, l'ONU où des organismes comme WWF concernant l'éducation, la santé, l'écologie, où encore le niveau de vie. Cuba se place ainsi dans le premier tiers des pays en ce qui concerne l'IDH ( indice de développement humain ).
Les médecins cubains, exercent sur l'île, mais sont également réputés pour aller dans tous les endroits du monde où les autres rechignent à se déplacer. Les médecins cubains internationalistes sont ainsi dans la plupart des cas les premiers sur place, et les derniers à repartir. L'exemple le plus récent étant la lutte contre le virus ebola dans les pays d'Afrique de l'Ouest.

Peut-être que de meilleures relations entre la France et Cuba permettront à nos médias de cesser cette désinformation médiatique à propos de Cuba et de son glorieux peuple, qui depuis plus de 50 ans résiste à un blocus économique imposé par les Etats-Unis.